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À Toulouse, Seg-Fayat réinvente un collège sans fermer ses portes

  • SEG-FAYAT

En plein cœur de la ville rose, le collège des Ponts-Jumeaux a fait peau neuve. Extension, restructuration complète, cuisine professionnelle flambant neuve : Seg-Fayat a mené ce projet d'envergure de février 2024 à la rentrée 2025, pour un budget de 6,5 millions d'euros. Mais la vraie prouesse ? Avoir transformé l'établissement sans jamais fermer ses portes, tout en atteignant un niveau d'exemplarité environnementale qui fait de ce chantier l'un des plus vertueux du département. Rencontre avec Lilian B., qui a orchestré cette belle aventure collective pour le Conseil départemental de la Haute-Garonne.

Transformer un collège en activité représente un défi logistique majeur. Pour y parvenir, Seg-Fayat a déployé une organisation millimétrée. « Chaque phase de travaux était calée sur les vacances scolaires. On avait deux semaines, pas une de plus, pour exécuter toutes les phases de rénovation », explique Lilian B. Cloisons provisoires isolées, circulations repensées, démolitions réservées aux congés : rien n’a été laissé au hasard. Même pendant le brevet, le silence était de rigueur. Grâce à ce phasage précis, l’extension a pu être réalisée sans interruption, à l’écart des salles de classe. Elle accueille désormais une centaine d’élèves supplémentaires, avec de nouvelles salles de sciences et un vaste préau abrité. La restructuration intérieure a permis de redéployer les salles existantes et de créer des espaces adaptés, dont une classe ULIS destinée à accueillir des élèves en situation de handicap. Autre évolution majeure : la cuisine. Longtemps limitée au simple réchauffage de plats livrés, elle a été entièrement repensée pour devenir un véritable outil de production, capable de préparer 400 repas par jour contre 250 auparavant. « Aujourd’hui, presque 100 % des élèves et du personnel déjeunent sur place. Le succès est total », se réjouit Lilian B.

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Un chantier vert pionnier

Le projet des Ponts-Jumeaux s’impose aussi comme un modèle de chantier vert. Le taux de valorisation des déchets, initialement fixé à 88 %, a finalement atteint 94 % : un record départemental. « Chaque type de déchet avait sa propre benne : gravats, bois, acier. Ce tri rigoureux demande de la discipline, mais il change tout », souligne Lilian B. Les gravats sont réutilisés pour la refabrication de béton, le bois et l’acier sont intégralement recyclés. L’impact économique est notable : une benne de déchets non triés coûte environ 195 € la tonne, contre 40 € pour des gravats triés, et certains matériaux, comme le bois, sont repris gratuitement via la plateforme Valobat. Le choix des matériaux a aussi réduit l’empreinte carbone : béton bas carbone, laine de bois pour l’isolation, murs à ossature bois à partir du premier étage. Des détecteurs de présence pilotent désormais l’éclairage et un suivi précis des consommations d’eau et d’électricité garantit une sobriété durable.

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©DR

Le réemploi comme moteur

Le marché prévoyait que 2 % du montant total, soit environ 130 000 €, soient consacrés au réemploi. Une ambition tenue grâce à une multitude d’initiatives : châssis vitrés déplacés vers les bureaux de la vie scolaire, éléments de cuisine nettoyés et réinstallés, béton concassé puis réutilisé pour la réalisation des nouveaux ouvrages béton. D’autres matériaux ont été valorisés ailleurs : un préau métallique démonté, puis remonté après, pour une association qui en avait besoin, du matériel de cuisine confié à un cuisiniste pour rénovation et réemploi …

Le succès de cette démarche repose sur une coordination et une anticipation sans faille. « Il faut trouver les matériaux au bon moment, organiser leur stockage, gérer le transport. Certaines récupérations ont dû être abandonnées faute de synchronisation avec d’autres opérations pour livrer les gisements dans les délais souhaités », admet Lilian B. L’expérience a permis à Seg-Fayat de consolider un réseau d’entreprises locales spécialisées dans le réemploi et la valorisation des déchets. « Il faut expliquer, répéter, sensibiliser. La dimension humaine est essentielle pour faire évoluer les pratiques. »

Des espaces extérieurs repensés

La dernière phase, menée pendant l’été, a été consacrée entre autres à la transformation des espaces extérieurs : pavés drainants, végétalisation généreuse, mobilier urbain et tables de ping-pong créant ainsi des zones de détente conviviales. À l’arrière, un potager pédagogique initie les élèves au jardinage et prolonge la démarche éducative du projet. Tout au long du chantier, un dialogue constant a été maintenu avec les élèves et les parents pour expliquer les travaux, les enjeux du réemploi et les bénéfices durables de la rénovation. Pour Lilian B., cette réussite collective illustre la capacité d’adaptation et l’engagement environnemental de Seg-Fayat. « Le collège a changé de visage sans jamais cesser de vivre. C’est sans doute la plus belle réussite : conjuguer exigence environnementale et capacité d’adaptation pour bâtir autrement, sans rien interrompre. »