Schuylkill, Fayat Bâtiment repousse les limites de l’échafaudage

Sur le Schuylkill, Fayat Bâtiment repousse les limites de l’échafaudage

  • FAYAT MONACO - Département Bâtiment

Le 27 novembre 2025, lors de la remise des prix de la 5e édition du Fayat Innovation Challenge (FIC), un projet Fayat Bâtiment a été distingué : un outil de façade autonome et multi-usages, conçu sur-mesure pour le chantier du Schuylkill, à Monaco. Son principe : remplacer un échafaudage impossible à installer, tout en garantissant la sécurité, l'autonomie et le respect du planning. Rencontre avec Gaspard P., Conducteur de travaux.

L'équation monégasque

Le Schuylkill est un immeuble de grande hauteur (IGH) résidentiel de 25 niveaux. Un chantier qui mobilise sur le site plus de 600 compagnons. L’objectif est clair : une restructuration intégrale visant à améliorer les performances de sa structure, de son enveloppe, de ses équipements et à moderniser ses aménagements intérieurs et extérieurs

À Monaco, tout se joue dans le détail : l'emprise au sol, les flux, le voisinage, les contraintes réglementaires, la pression du calendrier. « Ici, on ne déroule jamais un scénario standard : on ajuste en permanence », résume Gaspard. « Sur ce type d'opération, la technique ne suffit pas. Il faut aussi un phasage millimétré, une logistique qui anticipe, et une vigilance continue sur la sécurité ». L'environnement est dense. Chaque mètre carré compte. Chaque geste a des répercussions. Et dans cette configuration urbaine très dense, la solution classique, représentée par l'échafaudage périphérique, ne tient plus. « Trop lourd, trop long à mettre en œuvre, trop contraignant.  On risquait de "consommer" le planning avant même de produire », explique Gaspard. Il fallait donc inventer autre chose : une solution qui protège, qui avance avec le chantier, sans ajouter de complexité inutile.

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Partir du geste

C'est de là qu'est née l'innovation récompensée au Fayat Innovation Challenge (Compétition qui met à l’honneur l’innovation au sein du Groupe Fayat) : un outil de façade autonome et multi-usages, pensé pour accompagner plusieurs opérations au fil des niveaux. « L'objectif était double : sécuriser les compagnons d'abord, permettre la production ensuite ». L'outil a ainsi rendu possible la réfection des balcons, la pose des garde-corps, les habillages de façade, et l'installation des descentes d'eaux pluviales. « Tout est parti du terrain : les gestes, la manutention, les postures, l'exposition au vide. Ensuite, on a construit la réponse étape par étape », raconte Gaspard. Le projet s'est élaboré collectivement, avec l'encadrement, les équipes QSE, les compagnons et les appuis techniques. « Il a fallu vérifier les efforts, les ancrages, les conditions de vent et s'assurer que l'ensemble respecte l'existant ». Une innovation, oui. Mais une innovation solide, qui ne laisse rien au hasard.

Schuylkill, Fayat Bâtiment repousse les limites de l’échafaudage

Une façade qui monte

Le dispositif s'appuie sur une flotte d'environ 60 modules. La première mise en place se fait à la grue. Puis la montée est assurée grâce à une centrale de vérinage hydraulique. « On travaille par levées, c'est rapide et on peut souvent le faire en temps masqué : pendant que l'outil monte, le chantier continue », précise Gaspard. L'idée est simple : ne jamais casser le rythme.

En plus d'offrir une zone de travail efficace, l'outil protège trois niveaux. Cette protection collective renforcée change la manière de travailler. Elle limite l'exposition au risque de chute d'objets et sécurise les interventions répétitives autour de la tour. Elle rend les gestes plus sûrs, et les décisions plus sereines.

Tenir la sécurité

Sur le Schuylkill, l'innovation n'est pas seulement un équipement : c'est une organisation. Procédures claires, documents visuels, essais, retours d'expérience. Et surtout, une équipe formée et dédiée aux phases de montée et de descente. « C'est une opération technique dangereuse : on voulait des compagnons stables, formés, parfaitement rodés. On ne laisse pas ça à l'improvisation », insiste Gaspard. Cette exigence a aussi un effet moins visible, mais décisif : elle installe un climat de confiance. Sur un chantier en hauteur, la confiance se construit dans la répétition des bons réflexes, dans la solidité des protections, dans le fait de savoir que chacun tient sa place. « Quand on travaille à plus de 60 mètres, ce n'est pas un détail ».

La fierté du collectif

Récompensée par le 1er prix Sécurité au Fayat Innovation Challenge, la solution a surtout gagné une reconnaissance collective. « Ce prix, c'est pour les équipes. Ce n'est pas une idée sortie d'un bureau : c'est une réponse née du chantier, testée, améliorée, adoptée », dit Gaspard, avec une fierté calme.

 

FIC 2025

Et déjà, la question de "l'après" se pose : réemploi dans le groupe, adaptation à d'autres opérations, évolution du dispositif. « Un bon outil, c'est celui qui continue à servir ailleurs, parce qu'il a fait ses preuves », glisse-t-il.

Au Schuylkill, on rénove une façade et des balcons, bien sûr. Mais on fabrique aussi quelque chose de plus rare : une manière de faire, née d'une contrainte, portée par un collectif, et éprouvée en conditions réelles.

Quand Gaspard en parle, on comprend que la récompense ne résume pas l'histoire : elle la prolonge. Et derrière le "1er prix", il y a surtout cette promesse silencieuse, partagée par toute une équipe : trouver la bonne solution, la faire tenir et permettre à chacun de travailler avec fierté… en rentrant indemne chaque soir.